Le MoDem de l’Eure poursuit sa campagne
européenne. Le parti de François Bayrou a choisi la réflexion
autant que l’engagement militant.
“Nous
avons souhaité nous risquer à aborder des sujets de fond de la
manière la plus didactique possible. L’enjeu consiste à permettre
à nos concitoyens de renouer avec les principes et les valeurs qui
ont fondé l’Europe, de renouer avec le projet politique porté
depuis plusieurs générations maintenant, et qui n’est rien moins
que de garantir la paix !” explique Anne Terlez, conseillère
nationale du mouvement démocrate et un des principaux organisateurs
de cette campagne.
C’est
dans cet esprit qu’a donc eu lieu ce vendredi 15 mai à Louviers
une conférence-débat sur le thème “L’Euro : rempart, face
à la crise ?”. La cinquantaine de personnes ayant répondu à
l’invitation a été manifestement captivée par l’exposé du
prestigieux conférencier.
Pierre-Mathieu
Duhamel, directeur du budget de la France de 2002 à 2007, n’a pas
hésité un instant à répondre positivement à l’invitation
d’Anne Terlez, tant il a cœur de partager son expertise et ses
convictions européennes.
“L’Europe,
n’en doutez pas, est un sujet politique. Elle n’est pas l’affaire
de quelques technocrates mais bien celle de tous les citoyens. ”
C’est par ces mots que ce proche d’Alain Juppé, dont il a été
le directeur-adjoint de cabinet à Matignon, a commencé son
intervention.
Au
fil de la soirée, Pierre-Mathieu Duhamel est revenu sur les enjeux
de la création de la monnaie unique européenne. Il a rappelé que
le premier objectif des pères de l’Europe était bien de se
prémunir contre la guerre, et que, pour se faire, avoir des intérêts
économiques communs était une excellente raison de ne pas
s’entretuer.
La
création de l’Euro a donc été un pas majeur vers
l’accomplissement du projet, de l’ambition des fondateurs. Elle a
permis également d’affirmer l’existence de l’Union Européenne
sur la scène internationale. Il n’a fallu à l’Euro qu’une
dizaine d’années pour s’imposer sur les marchés financiers
internationaux (aujourd’hui, l’Euro représente 33% des échanges
contre 40% pour le dollar).
Pour
Pierre-Mathieu Duhamel, il n’y a aucun doute : “l’Euro
a permis une résistance accrue à la crise. Néanmoins, l’Euro ne
protègera pas la France de tout, et surtout pas d'elle-même”.
Il a partagé avec ses auditeurs son expertise et son diagnostic sur
la situation financière de la France : celle–ci est
particulièrement alarmante ! Pierre-Mathieu Duhamel pronostique
un endettement public à 90% du PIB à l’horizon 2012 et un déficit
budgétaire d’au moins 4% !
“4%
du PIB, rappelle-t-il, représentent 80 milliards d’euros, soient
plus de la moitié de la masse salariale de l’Etat ou plus de la
moitié des recettes de la TVA. Qui accepterait aujourd’hui que
l’on licencie la moitié des fonctionnaires, ou que l’on augmente
la TVA ?”
Pierre-Mathieu
Duhamel a la conviction qu’il est indispensable que les plus hauts
responsables de l’Etat disent la vérité aux Français sur l’état
de nos finances publiques et que le budget soit établi sur des
chiffres réalistes (de croissance comme de récession).
L’actuel
niveau de dépenses de l’état ne peut être supportable qu’à
deux conditions : premièrement, les français doivent exiger un
retour sur investissement (c’est à dire bénéficier d’un
système de santé, d’un système d’éducation et de formation,
d’une cohésion sociale beaucoup plus performants !),
deuxièmement, ces dépenses doivent être impérativement financées.
Ce
n’est qu’au prix de cette volonté politique que la France
retrouvera la maîtrise de ses affaires et pourra continuer de
défendre le projet qui est le sien depuis toujours : construire
une société plus juste.